L’IA, l’assistant technique

Le dépannage et l’assistance technique figuraient en troisième position parmi les usages de ChatGPT, avec un taux d’utilisation de 23 % en 2024, tombant à 16 % en 2025.

Création d’une application de transcription de la parole avec ChatGPT sur le site de développement lovable.dev

Parmi les tâches fréquemment accomplies dans ce domaine, on peut citer :
– la génération d’applications informatiques,
– l’écriture de code pour différents types de logiciels,
– l’optimisation et l’amélioration de programmes existants,
– l’identification et la correction d’erreurs dans des scripts ou des programmes,
– l’assistance dans la résolution de problèmes techniques,
– l’explication de documents juridiques complexes,
– la vulgarisation de guides ou notices techniques,
– la traduction de documents spécialisés (techniques, juridiques ou scientifiques),
– la fourniture de conseils liés aux taxes et impôts,
– la saisie et structuration de données numériques,
– l’édition de documents bureautiques (Word, Excel, PowerPoint),
– et la prise en charge de requêtes dans un contexte de service client.

L’IA, l’assistant éditeur

Les tâches d’édition et de création de contenus occupaient la deuxième position parmi les usages de ChatGPT en mars 2024, et ce classement s’est maintenu en mars 2025. Toutefois, la proportion d’utilisateurs impliqués dans ce type d’activités a diminué, passant de 22 % à 18 %.

Exemple d’un dialogue avec ChatGPT au sujet de la cohérence du terme assistant

Parmi les activités les plus courantes, on trouve :
– la rédaction et la correction de courriels,
– la création de documents légaux (contrats, conventions, accords, etc.),
– la réalisation d’évaluations,
– l’édition de lettres,
– la rédaction d’articles et de publications pour des blogs ou des journaux,
– le lancement d’actions marketing personnalisées,
– la traduction automatique,
– la génération de contenus et de commentaires pour les réseaux sociaux.

On relève également un ensemble de tâches plus créatives ou stratégiques, telles que :
– le brainstorming,
– la génération de concepts,
– et l’évaluation d’idées.

L’IA, l’assistant personnel

En 2025, ChatGPT jouait avant tout le rôle de thérapeute pour une majorité d’utilisateurs. Il était sollicité pour des conseils relatifs à la vie personnelle, aux relations amoureuses, à la sexualité, à l’organisation quotidienne, au sens de la vie, à la santé, au développement de la confiance en soi, à la résolution de conflits personnels, ou encore pour des échanges symboliques avec des personnes décédées.
D’autres usages incluaient des jeux de rôle thérapeutiques pour surmonter des blocages, la compréhension de ses émotions, ou encore des questions liées à la spiritualité et à la religion.

Il est intéressant de rappeler, dans ce contexte, que le tout premier chatbot documenté simulait déjà un entretien avec un psychothérapeute. Ce programme emblématique, baptisé ELIZA, a été développé en 1966 par Joseph Weizenbaum.

Joseph Weizenbaum au MIT accède par un terminal telex à son application ELIZA (1966)

Dans l’étude de 2024, le domaine thérapeutique occupait la deuxième position, juste après le soutien pratique à l’organisation quotidienne, qui, en 2025, est passé au second rang.

Ce volet plus utilitaire comprend des tâches telles que :
– la planification de séances de sport,
– le choix de vins adaptés à un repas,
– la structuration des priorités personnelles,
– des recommandations de livres ou de films,
– l’élaboration de listes de courses,
– des recherches sur des produits,
– des conseils sur l’éducation des enfants,
– l’organisation de vacances,
– ou encore la préparation de recettes à partir des ingrédients disponibles dans le réfrigérateur.

Sur le plan du support professionnel, le recours à ChatGPT se fait face à divers défis, notamment :

– la classification de documents,
– la recherche de conseils pour améliorer la productivité,
– l’organisation de voyages d’affaires,
– les discussions autour des nouvelles technologies,
– la gestion de projets,
– la génération d’idées,
– le perfectionnement de prompts pour une utilisation plus efficace des IA,
– la gestion financière,
– la rédaction ou l’analyse de contrats,
– la préparation d’offres commerciales,
– l’établissement de plans d’affaires,
– la rédaction de CVs et de lettres de motivation,
– l’assistance dans les négociations commerciales,
– la résolution de conflits juridiques,
– et l’amélioration de la communication interne

Globalement, les tâches liées au support personnel et professionnel représentent 30% de l’utilisation de ChatGPT en 2025 et 17% en 2024.

Rendre l’IA tangible

Je me suis demandé comment introduire l’intelligence artificielle dans cette première leçon sur le portail KI-Léierbud. Devais-je commencer par l’histoire de l’IA, qui remonte à 1943 ? Par la présentation des pionniers de l’IA d’hier et des acteurs dominants d’aujourd’hui ? Par une explication des technologies de base ? Ou encore par une liste des avantages et des risques associés à l’IA ?

Et puis, je me suis souvenu d’une idée marquante : il y a trente ans, mon ancien collaborateur Patrick Hansen a conçu le Cube Internet, un objet tangible pour rendre concret un concept alors encore flou — le world wide web.

Cube Internet version 5

Ce cube a connu un grand succès et a largement contribué à la diffusion et à l’adoption rapide d’Internet au Luxembourg.

Alors, pourquoi ne pas suivre la même approche avec l’IA ?

Je vais donc commencer par le tangible : les applications concrètes de l’intelligence artificielle. Et puisque ChatGPT est devenu, pour beaucoup, le visage le plus accessible et le plus connu de l’IA, je vais d’abord expliquer comment cet outil peut aider les gens dans leur vie quotidienne.

ChatGPT a été lancé en novembre 2022 par la société OpenAI en tant que version préliminaire gratuite. Il a rapidement gagné en popularité grâce à sa capacité à générer du texte de manière conversationnelle et de haute qualité. En l’espace de seulement deux mois, ChatGPT est devenu l’une des applications informatiques à la croissance la plus rapide de l’histoire, dépassant les 100 millions d’utilisateurs.

OpenAI a régulièrement amélioré la version gratuite de ChatGPT, tout en introduisant des formules d’abonnement payantes offrant des versions plus avancées et mieux adaptées à des besoins spécifiques. Parallèlement, de nombreux autres acteurs sont entrés sur le marché de l’IA, et la progression des compétences et des performances de ces outils est devenue exponentielle.

En mars 2024, une première étude d’envergure sur l’usage de l’IA par le grand public a été publiée par Marc Zao-Sanders dans la Harvard Business Review. En mars 2025, l’auteur a proposé une mise à jour de cette recherche sous la forme d’un article en libre accès, sous licence Creative Commons Attribution.

Illustration de Marc Zao-Sanders 2025

Enfin, en juillet 2025, la société luxembourgeoise Quest a présenté les résultats d’un sondage spontané sur l’attitude de la population résidente face à l’intelligence artificielle.

Les conclusions issues de ces trois études m’ont permis de dresser un aperçu fidèle de l’évolution des usages et des applications de l’IA dans la vie des gens.

LetzAI : AARON

J’ai utilisé les images produites par l’application de Ray Kurzweil pour entraîner un modèle public appelé @aaron_by_harold_cohen sur la plateforme luxembourgeoise LetzAI. Les images qui suivent illustrent certains des résultats fascinants issus de cette collaboration, démontrant l’impact durable de l’œuvre de Cohen et les possibilités intrigantes de l’intelligence artificielle dans le domaine des beaux-arts.

Ray Kurzweil : AARON

Ray Kurzweil, éminent informaticien et futurologue américain, contribua à prolonger l’héritage de Cohen dans l’ère numérique en développant en 2000 un économiseur d’écran basé sur AARON, destiné aux ordinateurs sous Windows.

J’ai réussi à installer et à exécuter ce programme sur un de mes anciens ordinateurs. J’ai réalisé la vidéo ci-avant avec cette application moyennant des copies écran en temps réel. La galerie qui suit montre quelques images générées.

Pamela McCorduck : AARON

Pamela Ann McCorduck (1940 – 2021) était une auteure américaine, née au Royaume-Uni, connue pour ses ouvrages portant sur l’histoire et la portée philosophique de l’intelligence artificielle, l’avenir de l’ingénierie, ainsi que le rôle des femmes dans la technologie.

Elle commença sa carrière en collaborant avec le professeur Edward Feigenbaum, qui deviendrait par la suite l’un des pionniers des systèmes experts. Elle enseigna dans plusieurs universités et publia, en tant qu’auteure ou co-auteure, plusieurs romans et ouvrages en lien avec l’intelligence artificielle. Voici une sélection de ses œuvres :

  • Machines who think (1979)
  • The Fifth Generation: Artificial Intelligence and Japan’s Computer Challenge to the World (1983)
  • The Universal Machine: Confessions of a Technological Optimist (1986)
  • AARON’s Code : Meta-art, Artificial Intelligence, and the Work of Harold Cohen (1997)
  • This Could Be Important: My Life and Times with the Artificial Intelligentsia (2019)
Aarons Code 1997

Plongée en Australie : KLING

Suite à la génération de la première vidéo au sujet des aventures des jeunes explorateurs avec l’outil IA VIDU Studio, j’ai utilisé les mêmes images et les mêmes prompts pour tester un deuxième générateur vidéo, Kling.AI. Développé par la société chinoise Kuaishou Technology, l’outil KLING a été officiellement lancée le 6 juin 2024. Les fonctionnalités principales sont la génération de vidéos à partir de texte ou d’images (text‑to‑video et image‑to‑video) jusqu’à 2 minutes en 1080 p à 30 fps, ainsi que l’extension de vidéos existantes.

La comparaison de la vidéo KLING ci-après avec la vidéo VIDU de l’article précédent permet de comparer les forces et faiblesses des deux outils.

Aujourd’hui, il existe une pléthore de générateurs vidéo qui dépassent largement les performances des premiers outils IA. Le lecteur intéressé va les découvrir dans un article renseignant sur les différents modèles IA.